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Le 24 décembre 1800, un attentat endeuillait la France

Le 24 décembre 1800, un attentat endeuillait la France

Les attentats ne datent pas d'hier en France
Les attentats ne datent pas d'hier en France

Eh oui, cela ne date pas d'hier.

En ce lendemain de journée tragique, endeuillée par l'indiscible attaque sur la Promenade des Anglais, retournons près de deux cents seize ans en arrière pour nous remémorer l'attentat de la Rue Saint Nicaise, un carnage sans nom...

Rappelez-vous...

Les 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799), Napoléon Bonaparte utilise l'arme favorite des Directeurs pour renverser le Directoire: le Coup d'état. Le jeune Général de 30 ans met alors en place le Consulat, espèce de triumvirat où il partage (un petit peu) le pouvoir avec Cambaceres et Lebrun.

Il réforme le pays et commence à le remettre sur les rails. Au printemps, c'est la Seconde Campagne d'Italie, avec, le 14 juin, la fameuse bataille de Marengo.

Mais le pouvoir est encore fragile. Napoléon se fait nombre d'ennemis: les jacobins qui voudrait revenir à la Terreur, le général Moreau, jaloux. Mais les pires sont les royalistes qui voudraient le retour des Bourbons sur le trône de France! Ceux-ci sont soutenus financièrement par l'Angleterre.

Ceux-ci commencent à comploter pour perdre le Premier Consul. Leur meilleur agent est le chouan Cadoudal, que Fouché tente en vain d'empoisonner.

Les jacobins s'agitent également. Le 18 vendémiaire An IX ( 10 octobre 1800), les plus fanatiques d'entre eux sont arrêtés, accusés d'avoir trempés dans la Conspiration des poignards qui visait à tuer Napoléon à l'opéra.

Les royalistes de Cadoudal reprennent le flambeau. Au mois de décembre, ses sbires achètent une charrette et un cheval. Carbon, le lieutenant de Cadoudal, se fera passer pour un négociant en sucre brun.

L'idée est de bourrer la charrette de tonneaux de poudre qui seront allumés en même temps par une mèche commune. C'est l'un des premiers attentats au véhicule piégé de l'Histoire.

Les comploteurs, deux jours avant l'attentat, arpente les environ du Carrousel et du Faubourg Saint Honoré pour placer leur piège. Ils choisissent la rue Saint Nicaise.

Deux jours plus tard, veille de Noël, après quelques hésitations dû entre autres à la fatigue (et peut être un pressentiment, qui sait) , le Premier Consul décide d'accompagner Joséphine à l'opéra, voir la première de la Création de Haydn. Il est 19 heures. Il monte en voiture avec Lannes, Lauriston et Berthier. Joséphine, Hortense et Caroline Bonaparte prennent une seconde voiture. Sitôt parti, le Premier Consul, très fatigué s'endort et rêve de la bataille de Tagliamento ( ou Valvasone, le 16 mars 1797)

Un certain Limoënan, se poste devant les Tuileries pour guetter les carrosses consulaires et leur escorte de la Garde consulaire. Pendant ce temps, son complice, Saint Régeant engage une adolescente de quatorze ans, Marianne Peusol, pour garder le cheval qui doit amener la "Machine infernale".

Il y a encore du monde dans la rue, détail qui aura son importance lors de cet attentat.

Le cortège avance avec une telle vitesse, qu'il surprend le guetteur. Voilà déjà la voiture de Bonaparte qui s'apprête à prendre le Faubourg Saint Honoré. Le bonhomme panique et oublie de donner le signal convenu à ses complices rue Saint Nicaise. C'est en voyant le Chef des Grenadiers de la Garde passer qu'ils allument la mèche. Mais la voiture de Napoléon, avançant très vite à cause de son cocher quelque peu éméché, passe avant l'explosion. Les filles aussi échappent de peu à l'attentat.

L'explosion est épouvantable et provoque un véritable carnage!

22 morts (dont l'adolescente)

Une centaine de blessés

Quarante six maisons détruites ou inhabitables

Triste bilan qui rend Bonaparte fou de rage. Il accuse en premier lieu les jacobins et met en demeure Fouché de les arrêter et de les déporter (ce qu'il fera malgré tout). Mais bientôt celui-ci, toujours très bien informé, trouve les vrais coupables et les mettra hors d'état de nuire. Ils seront exécuté le printemps suivant. Quand à Cadoudal, il sera capturé et guillotiné en 1804.

Fouché sera remplacé quelque temps, puisqu'il a contredit Napoléon sur la "nature" des responsables.

Mais le fait de cette purge est qu'il n'y a plus eu de "Machine infernale" durant le règne de Napoléon...