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Le fantôme de Mantoue

Le fantôme de Mantoue

Un jour, le grand Napoléon Bonaparte, raconta cette histoire vraie à Monge dont il moquait le scepticisme par rapport au paranormal (Merci au site "Le Site de l'Histoire".

 

Justement, Aubenet reçut ce jour-là une balle en plein front. Quinze jours plus tard, une lettre du Général Joubert confirmait la mort de son ami la veille.

Le 23 fructidor (9 septembre), à minuit, le capitaine Aubelet était au bivouac devant Mantoue. A la chaleur accablante du jour succédait une nuit rafraîchie par les brumes qui s'élevaient au-dessus de la plaine marécageuse. Aubenet, tâtant son manteau, le trouva mouillé. Comme il sentait un léger frisson, il s'approcha d'un feu sur lequel les grenadiers avaient posé la soupe et se chauffa les pieds, assis sur une scelle de mulet. Il entendait au loin le hennissement des chevaux et le cri régulier des sentinelles.

Le capitaine était là depuis quelques temps, anxieux, triste, le regard fixé sur les cendres du brasier, quand une grande forme vint, sans bruit, se dresser à ses côtés. Il la sentait près de lui et n'osait tourner la tête. Il la tourna pourtant et reconnut le capitaine Demarteau, son ami qui, selon la coutume, appuyait sur sa hanche le dos de sa main gauche et se balançait légèrement. À cette vue, le capitaine Aubenet sentit ses cheveux se dresser sur sa tête. Il ne pouvait douter que son frère d'armes ne fut prêt de lui et il lui était impossible de le croire, puisqu'il savait que le capitaine Demarteau se trouvait alors sur le Main avec Jourdan, que menaçait l'archiduc Charles. Mais l'aspect de son ami ajoutait à sa terreur, par quelque chose d'inconnu qui se mêlait à son parfait naturel. C'était Demarteau et c'était en même temps ce que personne n'eût pu voir sans épouvante. Aubenet ouvrit la bouche. Mais sa langue glacée ne put former aucun son. C'est l'autre qui parla :

« Adieu ! Je vais où je dois aller. Nous nous reverrons demain. » Et il s'éloigna.

Le lendemain, Aubenet fut envoyé en reconnaissance à San Giorgio. Avant de partir, il appela le plus ancien lieutenant et lui donna des instructions.


« Je serai tué aujourd'hui, ajouta-t-il, aussi vrai que Demarteau a été tué hier. »

Les Français durant le siège de Mantoue

Les Français durant le siège de Mantoue