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Quand Abraham Lincoln jouait les Napoléon à la bataille de Norfolk

Quand Abraham Lincoln jouait les Napoléon à la bataille de Norfolk

Un stratège qui s'ignorait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les stratèges sont des gens rares dans l'Histoire. Tout le monde connait Alexandre le Grand, Hannibal, César et notre complice de toujours, Napoléon. Mais Abraham Lincoln, seizième Président des Etats-Unis, pourrait bien mériter de faire partie de ce cercle fermé. Et ce grâce à une bataille largement méconnue, la bataille de Norfolk.

En effet, ce cher Abe est un stratège qui s'ignore. Lorsqu'il vit que la plupart de ses généraux sont des incompétents, il compulsa tout les livres de la Bibliothèque du Congrès se rapportant à l'art militaire. Les témoins rapportèrent que bientôt, il donnait l'impression d'avoir fait Wespoint. Nulle doute que la stratégie napoléonienne faisait partie de ces études. Et lui, le civil (n'oublions pas que Jefferson Davis, Président de la Confédération, était un ancien Général) sera le plus à même de l'utiliser. Ce qui prouve la grande intelligence et ruse de l'ancien avocat de l'Illinois.

La bataille d'Hampton Roads, les 8 et 9 mars 1862, première bataille de l'Histoire entre deux cuirassés, le décidèrent à reprendre Norfolk, devenu le port d'attache des fameux ironclads confédérés comme le fameux Virginia. La proximité de cette ville, abritant un important arsenal, avec la capitale fédérale la rendaient d'autant plus dangereuse. Pour Lincoln, rien n'était plus essentiel que la défense de Washington et la prise de Norfolk devint son principal objectif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est alors qu'il pensa à faire comme Napoléon, plus de soixante ans plus tôt, à l'échelle du pays. L'Empereur avait pris l'habitude de fixer l'ennemi sur un point, avec une partie de l'armée, pour mieux le prendre de revers avec le reste des troupes. C'est la clef des victoires de Castiglione, Ulm et Austerlitz. C'est exactement ce que fit l'Américain. Il concentra les principales attaques à l'ouest, Kentucky, Tennessee, Etat du Mississippi, ainsi que le court du fleuve éponyme. En mars et avril 1862, les principales batailles y auront lieu: Shilo, Corinth, La Nouvelle Orléans. Il laisse Mac Clellan dans son immobilisme (la Campagne Péninsulaire ne commencera qu'après la prise de Norfolk) et fait semblant de totalement laisser tomber Hampton Roads, se bornant à y faire patrouiller quelques navires. Le piège fonctionne, les regards sudistes se tournent vers le soleil couchant (point stratégique très important lui aussi).

 

Pendant ce temps, le Président peaufine l'attaque, qu'il dirigera lui-même. Il prend un navire discret pour aller reconnaître lui même la plage où aura lieu le débarquement des troupes, encore une habitude napoléonienne s'il en est. Napoléon n'a-t-il pas étudié de fond en comble le plateau de Pratzen et ses alentours? Il choisit les navires, leur disposition, et regarde même les horaires et coefficients de marée.

Le 1er mai, la Nouvelle-Orléans, la plus grande ville du Sud, tombe. Grâce au télégraphe, Lincoln est rapidement prévenu. Voici le signal qu'il attendait...

Le 8 mai, les navires nordistes sont à Norfolk et ouvrent le feu sur la ville et ses remparts et plus particulièrement la forteresse la défendant. Lincoln ne les a pas mis n'importe comment! Les navires sont en arc de cercle, pour empêcher toute fuite. 

Pour les sudistes, la surprise est totale. Il n'y a eu aucun signe avant-coureur de cette attaque. Néanmoins, il tente d'envoyer leur cuirassé, le Virginia, à la rescousse, malgré que celui-ci en réparation depuis deux mois. Mais le Président a prévu le coup. Il a placé le Monitor en bout, juste en face de l'ironclad confédéré. Il est épaulé par un autre cuirassé et son propre vaisseau. Le Virginia se casse les dents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les troupes débarquent sur la plage. Le corps à corps est épouvantable. Alors que le moral des nordistes commencent à flancher, Abe se joint à eux et leur redonne courage. Petit à petit, les gris perdent le terrain.

Le 11, voyant que tout est perdu, les sudistes tentent de sortir le Virginia et de le mettre en lieu sûr, mais le bateau s'échoue sur un banc de sable. Le soir, les confédérés y mettent le feu et le font sauter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 12 mai 1862, le drapeau de l'Union flottait sur Norfolk.