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Austerlitz, la plus grande victoire de l'Histoire

Austerlitz, la plus grande victoire de l'Histoire

Le Général Rapp ramenant à l'Empereur les drapeaux russes capturés

Le Général Rapp ramenant à l'Empereur les drapeaux russes capturés

Il est des batailles à jamais inscrites dans les mémoires et les livres d'Histoire. La victoire d'Austerlitz, dont nous fêtons les 211 ans en fait partie. Elle est devenue une véritable référence pour tous les militaires ainsi que pour les historiens.

 

Elle est l'apothéose d'une campagne qui a débuté un peu plus de trois mois plus tôt, à Boulogne sur mer. L'armée française y campe depuis 2 ans dans l'attente que la flotte sécurise un corridor dans la Manche pour permettre un débarquement des troupes en Angleterre.

Au mois d'août, début de fructidor an XIII, il apprend que la flottille de l'Amiral Villeneuve s'est fait enfermée dans Cadix par les navires de Nelson. Après une de ses colères volcaniques dont il a le secret, l'Empereur change ses plans et décide de tourner le regard vers l'est, vers le continent.

En effet, grâce à l'or des banques anglaises, le Premier Ministre Pitt a réussi à fomenter une nouvelle coalition qui comprend, entre autres la Russie, l'Autriche, Naples et la Suède. Le gros des troupes est composé des Autrichiens et des Russes. La Prusse hésite. Les coalisés pensent attaquer en Italie, en Hanovre et en Bavière.

 

Napoléon décide d'aller à leur rencontre. Il profite de l'occasion pour tester sa toute nouvelle invention: les Corps d'armée, sorte de petites armées auto-suffisantes et très mobiles. Chacun est dirigé par un Maréchal ou un Général:

 

Bernadotte pour la première;

Marmont pour la seconde;

Davout pour la troisième;

Soult pour la quatrième;

Lannes pour la cinquième;

Ney pour la sixième;

Augereau pour le septième (qui combattra victorieusement en Italie).

 

Oui, à l'époque de la Campagne de 1805, l'armée Française comptait sept Corps d'armée auxquels se rajoute la Réserve de cavalerie de Murat et la Garde impériale sous les ordres de Mortier.

La Grande Armée quitte progressivement les bords de Manche à partir du 11 fructidor an XIII (29 août 1805). Napoléon avait décidé de faire partir ces troupes ainsi pour leurrer les ennemis et leur faire croire que le gros de la Grande Armée restait à Boulogne. La ruse marchera tellement que personne à Vienne ou Petrograd (ancien nom de Saint Petersbourg) ne se rendait compte qu'une force de 200000 hommes leur fondait dessus, les sept torrents, celui d'Augereau déferle en Italie, tandis que les autres marchent en direction de l'Allemagne.

 

 

Un mois plus tard, les Français franchissent le Rhin. Nos soldats étaient les meilleurs marcheurs d'Europe, capable de marcher trente à quarante kilomètres par jour. Cette donne comptait beaucoup dans la stratégie napoléonienne si bien que les soldats auront l'habitude de dire:

"Il gagne les batailles avec nos jambes."

Entre temps, les Autrichiens du général Mack envahissent la Bavière. Celui-ci reprend la vieille tactique qui vise à attendre que les Français sortent de la Forêt noire. Il siège à Ulm. Napoléon, qui s'en doute quelque peu, se le fait confirmer par ses services d'espionnage. Il va prendre Mack à son propre piège.

 

Lannes et son Corps d'armée arrive devant Ulm pour mieux leurrer l'ennemi qui ne voit que du feu. Le reste de la Grande Armées prend les Autrichiens par derrière, les contournant par l'est en des cercles concentriques. Durant la manoeuvre, le Maréchal Ney se distingua tout particulièrement, notamment à la bataille d'Elchingen le 22 vendémiaire an XIV (14 octobre 1805). Il sera plus tard fait Duc d'Elchigen.

 

Le piège se referme sur pas moins de 60000 Autrichiens. Mais Mack espère encore être délivré par les Russes de Koutousov. Or, il ignorait que les Russes utilisaient encore le vieux calendrier julien qui comptait pas moins de douze jours d'écart. Sans plus d'espoir, le "malheureux" Mack se rend le 28 vendémiaire (20 octobre), cinq jours après le début de ce siège. Les prisonniers vont défiler pendant plus de quatre heures, déposant armes et drapeaux au pied de Napoléon.

Le vieux Koutousov, la soixantaine, apprend le destin de Mack et décide de battre en retraite et d'éviter le combat, jusqu'à l'arrivée de la seconde armée russe et de l'entrée en guerre de la Prusse. Il est talonné de près par les cavaliers de Murat qui inflige des pertes énormes aux fuyards.

Les Français entrent dans Vienne au cours du mois de brumaire (novembre). L'Empereur François Ier a fui et rejoint les Russes.

Mais la situation de Napoléon est devenue critique. Il apprend que le 29 vendémiaire (21 octobre) la flotte de Nelson détruisit celle de Villeneuve à Trafalgar. De plus, les hommes de Koutousov ne cesse de fuir en attendant les renforts, la Prusse est sur le point de déclarer la guerre. Il décide de précipiter le combat, sur le terrain de son choix, entre Brünn et Austerlitz.

L'Empereur décide de tendre un piège magistral à ses ennemis. Dès le 30 brumaire (21 novembre), il étudie le futur champs de bataille de fond en comble, mesurant l'épaisseur de la glace sur les étangs, leur profondeur, l'état du terrain. Il passe des jours à cheval à étudier l'endroit, sans se reposer, ses accompagnateurs s'endormiront sur leur selle!

Il pousse les coalisés à l'attaquer en multipliant les signes de faiblesses, allant même jusqu'à réclamer la paix et abandonner le plateau de Pratzen, place stratégique de choix. Les Coalisés, dont les orgueilleux Empereurs et leur entourage n'y virent que du feu et mirent les pieds dans le plat.

Leur camps était par ailleurs divisés. Alors que Weyrother se voyait déjà capturer toute la Grande Armée, dont il sousestimait les effectifs, Koutousov et Langeron, un français passé à l'ennemi, appelle à la prudence. Mais ils ne seront pas entendu.

Quelle différence avec le camps français où tous sont autour de Napoléon en cette nuit du 10 au 11 frimaire (1er au 2 décembre) à minuit, pour fêter le 1er anniversaire du Sacre. L'Empereur dira:

"C'est la plus belle soirée de ma vie"

Le 11 frimaire (2 décembre), la brume couvre le champs de bataille. Trois colonnes austro-russes décendent du plateau de Pratzen, ignorant que les hommes de Davout et Friant, marchant toute la nuit, renforcent considérablement le flanc droit français. Si les hommes du traitre Langeron parviennent à pendre Telnitz et Solkonitz, c'est au prix d'énormes pertes et les hauteurs sont toujours tenues par les Français. Davout manoeuvre si bien que le fond de la nasse ne cède pas un seul instant.

C'est alors que le soleil perce la brume et inonde Pratzen, révélant à Napoléon que le piège fonctionne, alors que la brume, restée en contrebas, dissimule ses hommes. C'est le fameux Soleil d'Austerlitz.

L'Empereur comprend que son plan initial doit changer un peu et le modifie. Au lieu d'écraser les Austro-Russes en déboulant par le nord, Lannes et Murat fixent le dangereux et brave prince géorgien Bagration. Il envoie alors Soult occuper la brèche sur le plateau. Il sera plus tard aidé de Bernadotte.

 

Bientôt c'est le corps à corps. Les coalisés ne s'attendaient pas à se battre ici. La surprise est totale. Koutousov comprend le danger mais il est désormais seul, les Empereurs ayant fui. Il tente de résister mais en vain. Son armée est désormais coupée en deux. Il songe déjà à faire retraite et fui Pratzen où Napoléon ne tarde pas à le remplacer. Il envoie la Réserve, mais les voltigeurs de Joseph les taillent en pièces.

 

C'est alors qu'apparait la Garde russe, ignorante de ce qui se passe. Les géants d'Alexandre chargent et arrivent à capturer une Aigle (étendard de l'époque), celui du quatrième Régiment de ligne . Napoléon envoie alors sa propre garde, et surtout les mamelouks de Rapp qui feront "pleurer les dames de Saint Pétersbourg". La Garde russe est décimée, son Colonel, Repnine, capturé.

 

C'est la débandade. Les Austro-Russes tentent de s'échapper par les étangs du sud. Napoléon fait pilonner la glace qu couvre les étangs. Les malheureux tombent dans l'eau qui leur arrive au ventre avant de se faire cueillir par les vainqueurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A 17 heures, tout est fini. La victoire française est totale. L'Empereur pourra déclarer à sa Grande Armée:

 

Soldats, je suis content de vous.
Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de 100 000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de 30 000 prisonniers, sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu'une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés.
Soldats, lorsque le peuple français plaça sur ma tête la couronne impériale, je me confiais à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l'avilir ! Et cette couronne de fer, conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m'obliger à la placer sur la tête de nos plus cruels ennemis ! Projets téméraires et insensés que, le jour même de l'anniversaire du couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus ! Vous leur avez appris qu'il est plus facile de nous braver et de nous menacer que de nous vaincre.
Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France; là, vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire, "J'étais à la bataille d'Austerlitz", pour que l'on réponde, « Voilà un brave »

http://france.reveil.over-blog.com/pages/Discours-de-napoleon-a-austerlitz-2-decembre-1805-4708761.html

La marche d'Austerlitz