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15 thermidor an VI,l'explosion de l'Orient en rade d'Aboukir

15 thermidor an VI,l'explosion de l'Orient en rade d'Aboukir

La fin de l'Orient

La fin de l'Orient

Autre catastrophe maritime qui a fait date dans l'Histoire: l'explosion de l'Orient en baie d'Aboukir le 15 thermidor an VI (2 août 1798). Fait marquant, et plus qu'un peu, de la fameuse Campagne d'Egypte.

C'était le navire amiral de la flotte française qui mena le Général Bonaparte et ses troupes à la conquète des terres de l'Orient, dont celle des pharaons. Il était l'un des plus grands navires de son temps, un immense vaisseaux de ligne de 3 ponts, de plus de 65 mètres de longs et abritant 118 canons. Sa coque est en chêne.

Abrité avec le reste de la flotte en la baie d'Aboukir, 8 kilomètres à l'est d'Alexandrie, elle y fut surprise par l'escadre de Nelson. Celui-ci attaque sans attendre, scindant sa flotte en deux et prenant les Français en tenaille. L'Amiral Brueys est quelqu'un de vieux jeu et aligne ses vaisseaux en une classique ligne de bataille, il espère que ça facilitera aussi la défense de l'escadre car il manque de bras pour effectuer à la fois les manoeuvres aux voiles et aux canons. Nelson s'en prendra à coeur joie et va mettre cette ligne en pièces.

L'Orient, en septième position, n'est pas attaqué immédiatement. Le Bellerophon l'attaque mais l'Orient riposte et rase ses mâts d'une seule bordée. Le combat est acharné. Les deux amiraux sont blessés.

L'Orient pourrait-être sauvé, mais l'arrière-garde, sous le commandement du timoré Villeneuve ne réagit pas et préfère s'enfuir.

Nelson reçoit des renforts. Cinq vaisseaux anglais s'acharnent sur l'Orient. Brueys, l'Amiral français, se reçoit un boulet dans le ventre qui le coupe presque en deux. Malgré qu'il agonise il refuse de quitter son poste.

Au bout d'une heure, le Capitaine Casabianca est touché à la tête tandis que le vaisseau prend feu. Les hommes de la batterie 24 tentent de combattre le sinistre mais celui-ci s'étend. A 22h30 le navire explose avec un tel fracas qu'on l'entendra jusqu'au Caire et s'abîme au fond de la baie. La catastrophe est telle que le combat cesse durant au moins un quart d'heure.

Nelson, pourtant blessé, monte sur le pont pour voir. Il ordonne d'éloigner le Vangard pour ne pas qu'il s'embrase. il repêchera 70 survivants. Une chaloupe contenant 100 rescapés a pu également s'échapper de l'Orient, dont le Vice-Amiral Ganteaume. On ne connait pas le nombre exact de victimes, nombre de marins n'ayant pu rejoindre le bord au moment de la bataille.

Nelson a en tout cas détruit la flotte française. L'Armée d'Orient est prisonnière en sa propre conquête. Mais Napoléon ne va pas se laisser aller au désespoir. Il partira à la conquête de la Terre Sainte et de la Syrie, fera avec ses soldats et savants de passionnantes découvertes archéologiques et scientifiques, apprendra à diriger un pays en gouvernant l'Egypte, une expérience bien utile quand il rentrera en France plus d'un an plus tard.

Quand à l'épave de l'Orient, elle fut localisée en 1984 et identifiée grace à son gouvernail doublé de cuivre portant le premier nom du navire: Dauphin royal. Il repose par 9 mètres de fond, à plus de 7 kilomètres de la côte. Exploré en 1998, année du bicentenaire de l'expédition d'Egypte et donc de la fameuse bataille, par Frank Goddio, l'Orient a livré de nombreux objets de la vie quotidienne ainsi que des pièces d'or et d'argent, une partie de la solde destinée aux troupes de Bonaparte. Ce trésor fait aujourd'hui le bonheur de deux musées égyptiens. Cette exploration leva le voile du mystère de l'explosion. Une réserve de poudre supplémentaire fut placé à l'avant en plus de la Sainte Barbe à l'arrière. Quand le feu fut aux poudres, le résultat ne pouvait être que destructeur.